France Antilles lancera son site Internet le 18 novembre 2008

Copie d'écran du site Internet France Antilles

Copie d'écran du site Internet du quotidien France Antilles

C’est officiel, le quotidien France Antilles, en situation de quasi monopole de la presse quotidienne d’information sur les Antilles-Guyane, sortira son site Internet grand public le 18 novembre 2008, sur les trois départements : Martinique, Guadeloupe et Guyane.

L’information circule depuis début octobre, les commerciaux ayant commencé leur travail de vente des espaces publicitaires, j’en parle ici car c’est tout de même un petit évènement qui risque de secouer le web régional.

Nul doute que le journal, véritable institution car seul quotidien local (Martinique, Guadeloupe, Guyane), sera attendu au tournant et que l’échec lui est difficilement permis. A l’heure où l’ensemble de la presse écrite mondiale traverse une véritable crise existentielle face à l’émergence du web, France Antilles démontrera si huit ans de réflexion avant de franchir le pas ont permis le développement d’une stratégie rentable de continuité de son contenu sur Internet.

Car l’enjeu est important. Et la réalité des transitions internet n’a jamais vraiment sourit aux “vieux médias”. Un interlocuteur bien placé de la PQR en métropole m’indiquait très récemment qu’à l’heure actuelle “aucun site internet de quotidien de presse ne génère du profit”. Il s’agit en règle générale de limiter la casse, mais le fait est que le modèle publicitaire internet n’a jamais été et ne sera pas avant longtemps l’eldorado de la presse. Note personnelle : a fortiori ici, ou peu d’entreprises disposent d’outils en ligne à promouvoir.

Tout dépend déjà du modèle économique choisi. D’après les brochures de présentation du produit “franceantilles.fr” il semblerait que le quotidien ait opté pour un modèle reposant sur la gratuité du contenu, au moins pour l’information du jour (ce qui est de toute façon le plus important), vraisemblablement étendu à la semaine.

On peut s’attendre en fait à la réplication du modèle économique du site clicanoo.com qui est le site du JIR, Journal de l’Ile de la Réunion, propriété du Groupe Hersant Média également. Sauf erreur de ma part il est possible de consulter librement l’intégral de l’actualité de la semaine, les archives sont ensuite payantes. Ne voyant pas vraiment d’intérêt pour les archives sauf cas particulier, le chiffre d’affaires dans ce domaine doit être relativement modeste.

A noter à la Réunion toujours la démarche opposée du Quotidien, n°1 sur l’île, qui lui repose sur un modèle de consultation 100% payant. Comme quoi si le contenu gratuit devient une habitude (hélas), presque une évidence pour l’internaute, les considérations financières varient d’une stratégie à l’autre.

La presse en ligne, entre opportunités et dangers

Car le quotidien France Antilles n’a pas tout à gagner de son site Internet. C’est certainement d’ailleurs la raison pour laquelle la sortie du site accuse 8 ans de retard sur la profession. Régnant en maître absolu de la PQR aux Antilles-Guyane, le rituel d’achat du France Antilles pour les Martiniquais, Guadeloupéens ou Guyanais (France-Guyane)  ne connaît aucune alternative (1). Jusqu’à ce jour… Et jusqu’au 18 novembre où s’offrira alors une autre alternative, qui ne servira pas plus la diversité de la presse, mais bel et bien la diversité des supports de lecture : la version internet du journal.

A savoir donc qu’en partant sur un modèle gratuit de l’actualité du jour, le site peut espérer un trafic réellement conséquent. Mais à quel prix ? Qu’en est-il des risques de cannibalisation de l’audience du papier (donc vendu à l’unité) par celle (gratuite) du web ? Si j’ai l’habitude d’acheter mon quotidien tous les matins et de le lire tranquillement à mon bureau, vais-je être tenté de sauter la case ” achat ” et passer directement à la consultation gratuite en ligne, toujours dans le confort de mon bureau ? Pour ma génération en tout cas, je vous donne la réponse : c’est une certitude.

9.000 euros l’habillage page d’accueil pour 24 heures

Bien entendu le quotidien a pensé à tout. Si le contenu gratuit est retenu, le trafic suivra, et la pub financera. C’est le B-A-BA du web de 1999, celui qui avait levé des milliards en pensant générer le centuple avec des bannières 468×60 pixels, ce fut aussi le credo du Web 2.0, qui pensait générer plus modestement le triple de l’investissement avec des publicités contextuelles AdSense… Aux dernières nouvelles le web 2.0 est mort avec la crise financière. Rien n’est plus court que la mémoire des hommes.

Mais rien n’est impossible non plus ! Avec une stratégie cohérente et un travail sérieux l’équation trafic = publicité peut très bien fonctionner.

C’est là que le travail de la régie sera décisif. Et du travail il en faudra pour vendre aux Antilles un habillage de page d’accueil à 9.000 euros HT les 24 heures sur le site Martinique ou Guadeloupe (cf brochure publicitaire du produit).

Quel impact pour le web régional ? Pour kelDOM ?

D’une manière générale, l’arrivée de France Antilles sur le web devrait permettre une accélération de l’adoption du net pour ceux qui n’y ont pas encore goûté. Il pourra donc y avoir un impact vertueux sur l’ensemble du marché, et notamment sur le marché publicitaire online.

Cela fait 6 ans maintenant que COMantilles – kelDOM réalise un travail d’évangélisation du web au plan local, à dire vrai le renfort de la régie de France Antilles est le bienvenu pour accélérer les choses.

Quoi qu’il en soit, si le marché publicitaire venait à se développer cela resterait un sujet d’attention secondaire pour kelDOM, en effet j’ai choisi d’imposer un plafond à 10% du CA pour la publicité. A ce jour nous sommes encore en dessous.

Tout cela reste au stade de suppositions, nous en saurons plus le 18 novembre.

A lire si vous souhaitez vous documenter sur les problématiques de la presse en ligne , un blog très intéressant : http://benoit-raphael.blogspot.com/

(1)    Je ne considère pas les projets d’actu régionale en ligne comme des alternatives au France Antilles. Aucun, y compris notre site DOMactu qui à mon sens repose sur le participatif, un marché légèrement différent que l’actu pure et simple, ne présente un volume éditorial comparable. Je ne parlerai pas alors d’alternative mais de complément.

2 réponses

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